LES SÉLECTIONS PHOTOS D’AVRIL 2018

Ça y est le printemps est là. Les oiseaux nicheurs commencent à se fixer.

En vedette ce mois-ci, les échasses blanches, qui commencent à s’approprier leurs sites favoris, en chassant pour le moment gentiment et non systématiquement les autres oiseaux. Les accouplements sont nombreux, et les photographes et observateurs peuvent assister au rituel précédant cet acte. La femelle tend le cou au ras de l’eau, éclaboussant avec son bec. Le mâle, s’il est interessé, se place à ses côtés, l’éclabousse à son tour puis se lisse les plumes. Plusieurs fois, d’un côté de la femelle, puis de l’autre. Au bout d’un certain temps, l’accouplement a lieu. Après l’acte, le mâle prend la femelle sous son aile, les deux oiseaux croisent leur bec, puis s’éloignent doucement l’un de l’autre, avant de repartir à la recherche de nourriture.

Les petits gravelots aussi semblent être bien installés. Les accouplements sont toutefois moins nombreux que ceux des échasses, ou du moins, moins visibles. Ici aussi il est précédé d’un rituel, le mâle suit la femelle, et dès que celle-ci s’immobilise, il bombe le torse et tape des pieds avant de monter sur son dos. Mais ce mois-ci nous les avons surtout vu dans la prairie fleurie, à la recherche de vers et d’insectes.

Cette prairie a beaucoup de succès. Elle fait le bonheur de nombreux passereaux. Linottes mélodieuses, bruants zizis, rougequeues noirs, bergeronnettes grises et le commun mais rarement photographié merle noir. En cette saison, elle est aussi très appréciée des bergeronnettes printanières. Cette bergeronnette est divisée en plusieurs sous-espèces en fonction de leur zone de reproduction et de la coloration de la tête. En Ariège, nous croisons principalement les sous-espèces flava et iberiae. Mais ce mois-ci, en plus des printanières « classiques », c’est une italienne qui s’est arrêtée au domaine. Motacilla flava cinereocapilla, qui niche principalement en Italie et aux Balkans, et donc ne passe normalement pas en Ariège lors de sa migration. Sa tête est entièrement gris foncé et sa gorge blanche.

Pour en revenir à notre prairie le limicole qui la fréquente le plus est le chevalier guignette. Mais elle a aussi plu à un chevalier sylvain, qui a su y trouver de beaux lombrics. Les sylvains sont nombreux à passer en ce mois d’avril, rejoignant leurs aires de nidification en Russie et en Scandinavie principalement.

D’autres limicoles migrateurs sont passés par Mazères, un chevalier gambette a fait une halte discrète, ainsi que quelques combattants (peu nombreux), aboyeurs et des arlequins, dont l’un d’eux au plumage avancé était particulièrement noir. Ces derniers iront nicher dans les même régions que les chevaliers sylvains, migrant principalement de nuit.

Rencontrées surtout sur le littoral, plus rarement dans les terres, un groupe d’une quinzaine d’avocettes a fait une halte au domaine.

D’autres migrateurs printaniers sont de passage. Les pouillots fitis commencent à arriver et à chanter ! Ce qui ne signifie pas qu’ils vont rester. Quelques balbuzards pêcheurs sont observés, migrant en direction du nord. Autre rapace présent à la belle saison, le milan noir, revenant d’Afrique subsaharienne pour nicher sous nos latitudes. Les hirondelles rustiques sont de retour, et chassent les insectes au-dessus des étangs. Nous retrouvons également les discrètes tourterelles des bois, ainsi que les très appréciées huppes fasciées. Elles aussi aiment bien les prairies Mazériennes, et surtout les vers, chenilles et autres larves de diptères et de coléoptères qu’elles contiennent. Autres arrivantes, les sternes pierregarins. Elles sont enfin là ! Nous espérons bientôt assister à leurs offrandes. Mais pour le moment, l’un des radeaux mis à leur disposition est très apprécié par un autre type d’animal : la tortue de Floride. Elle est assez grosse, les tout jeunes canetons devront se méfier lorsqu’ils seront sur ce lac, même si les attaques restent rares et que cette tortue se nourrit aussi de végétaux.

Les grèbes huppés, généralement plutôt discrets et ne nichant pas ici, se sont pris au jeu de la parade. Quelques castagneux se sont également laissés photographier.

Certains passereaux sont en pleine construction de nid, comme les cisticoles des joncs, alors que d’autres ont déjà des jeunes à nourrir comme les mésanges à longue queue. Les oies cendrées aussi ont déjà eu quelques poussins.

Les hérons cendrés et les aigrettes sont bien moins nombreux qu’en hiver, même s’il reste encore quelques garzettes çà et là. En ouvrant l’oeil, il est aussi possible d’apercevoir le nocturne héron bihoreau.

Il reste encore quelques (très) rares hivernants, comme des canards souchets, des bécassines des marais et des gros-becs trainards autour de la mangeoire. Bien que cette dernière ne soit plus alimentée, elle attire encore quelques animaux qui cherchent des restes, comme les verdiers, le pic épeiche et l’écureuil.

Les mammifères classiques sont toujours observables, je pense surtout aux chevreuils, mais aussi au discret lièvre d’Europe, qui se met à courir dès qu’il est repéré, pour s’arrêter plus loin dans les herbes hautes, tapis au sol, oreilles plaquées en arrière.

Les insectes sont de plus en plus nombreux. Celles qui attirent souvent notre attention sont les aurores, plus nombreuses que fin mars, dont le mâle a le bout des ailes orange. On les voit surtout voler à toute allure sans jamais s’arrêter, mais il arrive tout de même qu’elles se reposent parfois.

La végétation apprécie toute l’eau que ce début de printemps nous offre, et d’autres espèces d’orchidées sortent, comme l’orchis homme-pendu.

Bonne découverte.
LADDDO

Sélections photos : Edith & Jessica
Recherche et rédaction : Jessica

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